Wowww, une spécialisation en théologie de la paix !

 Des pierres vivantes

Il y a presque 20 ans, je goûtai au programme EFraTA (Études Francophones de Théologie Anabaptiste) dans le cadre reposant et bienfaisant du Bienenberg. Dans ces années 2007 à 2011, je terminai ma formation théologique et commençai un ministère pastoral. Je me souviens bien de ces quatre rendez-vous annuels qui résonnaient au cœur de ma découverte du ministère pastoral et de cet objet si fascinant : l’Église, celle que Dieu appelle, conduit et nourrit depuis près de 2000 ans. Et puis cette Église locale dont j’étais pasteur était bien plus qu’un objet de travail : une famille, des amis, un lieu de rencontre des cultures et d’apprentissage de la foi ou encore, comme aimait à le dire un de mes professeurs, un laboratoire expérimental de la vie chrétienne !

La particularité de cette formation théologique dans une perspective anabaptiste résidait dans la place centrale accordée à l’Église. Nos affirmations sur Dieu n’étaient pas élaborées à partir de points de vue individuels, isolés, si caractéristiques d’une modernité qui fragmente, mais à partir de la vie de communautés chrétiennes, au travers de textes allant du xvie siècle (parfois même antérieurs) jusqu’à aujourd’hui. L’histoire jouait une place importante, comme lieu de vérité, en nous confrontant aux défis réels acceptés et relevés par ces communautés de foi dans des environnements souvent hostiles. Leurs faiblesses, leurs convictions, leurs manières de s’organiser et de discerner, leurs manières d’accepter les défis sociétaux et de s’y impliquer, par leur foi en un Dieu incarné et vivant, étaient tellement vivifiantes !

 

Restauré, dans tous les sens du terme !

EFraTA, c’était aussi cette rencontre de pasteurs et de responsables d’Église avec leurs professeurs venant nourrir leur pratique. Une fois les cours terminés, on aimait passer du temps ensemble, parler de nos défis, demander parfois conseil ou simplement prier les uns aux côtés des autres. Même après nos études, cette formation continue que nous avions vécue ensemble agissait comme un repère et un souvenir commun. Nos chemins se croisent et se recroisent au fil de nos appels et des réponses que nous y apportons. Quel bonheur de revoir un tel dans le conseil d’administration d’une œuvre, un autre dans la préparation d’un culte commun ou dans un échange de chaire. Nous sommes devenus frères et sœurs en Christ !

 

Et puis, EFraTA, c’était aussi la période où nous avons accueilli notre premier enfant, où les nuits complètes se faisaient inexistantes. Alors, quel cadeau que deux nuits complètes et restauratrices pour reprendre des forces ! Quelle grâce de pouvoir me restaurer sur tous les plans, aussi bien spirituellement que dans mes appétits sensibles, intellectuels ou corporels ! Encouragé à chaque session, je pouvais aussi mieux accompagner notre famille et l’Église qui m’avait envoyé à mon retour.

 

Une formation actualisée et actuelle !

20 ans sont passés. Le monde est toujours, et peut-être même davantage, divisé et violent. Cet environnement fragmenté chahute les Églises, comme des barques prises dans la tempête, et, parfois, elles cèdent à la logique ambiante et deviennent elles-mêmes des lieux de violence et de casse. Heureusement, Dieu répare ! Et Dieu équipe. C’est fort de cette conviction que nous avons revu cette formation pour la proposer à nouveau à des pasteurs, à des responsables d’Églises, à des étudiants en théologie ou à toute personne intéressée à découvrir comment Dieu répare nos vies et son Église, et « rassemble tout dans le Christ » (Eph 1.10).

 

Ce nouvel EFraTA change de nom pour devenir « Spécialisation en théologie de la paix, Efrata 2.0 ». On voulait garder le meilleur de cette formation : l’Église, dans son lien au Christ, à la Parole, à une organisation et unité portée par l’Esprit et à la mission que Dieu lui confie. On voulait aussi amener du nouveau : une attention plus éthique (que faisons-nous lorsque nous disons « Dieu » ?) et pratique (quels outils et ressources pour vivre la paix du Christ dans nos Églises ?), tout en gardant un socle biblique, doctrinal et historique. Nous croyons que la paix de Dieu articule harmonieusement toutes ces dimensions et catégories. Notre perspective est clairement anabaptiste. Pas dans un sens identitaire où elle serait réservée aux Églises mennonites, mais dans un sens vocationnel, comme un appel à prendre au sérieux une théologie de la paix et à construire la paix dans l’Église, quelles que soient ses traditions et confessions.

 

Invitation :

Alors, venez, car tout est prêt ! Nous démarrons à l’automne 2026 avec une première année articulant la Bible à la vie de foi et à la vie d’Église.

Télécharger le flyer

Aller vers la page d’informations et le formulaire de préinscription

 

Paix et joie,

 

Alexandre

Nouveau dossier: l'Ancien testament en (10) questions

Et si on explorait l’Ancien Testament avec un nouveau regard !

Violences, récits déroutants, questions sur Dieu et sur l’élection d’Israël : l’Ancien Testament peut souvent susciter malaise et incompréhension chez les lecteurs. Faut-il s’en méfier, le mettre à distance, ou apprendre à le lire autrement ?

Dans L’Ancien Testament en (10) questions, Robin Reeve propose un chemin clair et accessible pour aborder ces textes fondateurs avec intelligence et clarté. En dialoguant avec les grandes interrogations d'aujourd' hui, il invite à redécouvrir la richesse théologique et spirituelle de la première partie de la Bible, et à l’intégrer pleinement à notre quotidien.

Un ouvrage abordable et stimulant, pour renouer avec une lecture vivante, confiante et profondément éclairante de l’Ancien Testament.

Table des matières

  1. Faut-il parler de « Premier Testament » au lieu d’« Ancien Testament » ?

  2. Quelle fiabilité peut-on accorder à l’historicité des récits de l’Ancien Testament ? Ne sont-ils pas écrits après les événements décrits et parfois très longtemps après ?

  3. Comment comprendre les récits d’origine (Genèse 1-11 : la création, les premiers êtres humains, la naissance des civilisations, le Déluge…) par rapport aux données actuelles de la science ?

  4. Quelles continuités/ruptures y a-t-il entre les lois et règles révélées à Moïse pour le peuple d’Israël et celles accomplies en Jésus et que les apôtres ont retenues ?

  5. Dans l’Ancien Testament, comment faire la part des choses entre les aspects culturels et le message intemporel ?

  6. Le Saint-Esprit est-il présent dans l’Ancien Testament ? Comment ?

  7. Comment les croyants de l’Ancien Testament sont-ils « sauvés » ?

  8. Pourquoi Dieu s’est-il choisi un peuple ? Que signifie cette élection ?

  9. Le schéma classique Création - Chute - Rédemption ne nous fait-il pas oublier des parties importantes de l’Ancien Testament ?

  10. Le Dieu de l’Ancien Testament est-il violent ?

Webinaire sur le livre L’Ancien Testament en (10) questions

Vendredi 30 janvier 2026 à 20h15, à l’occasion de la parution du livre L’Ancien Testament en (10) questions, publié par les Éditions Mennonites.

Le webinaire donnera la parole à :

  •  Robin Reeve, auteur du livre, professeur en Ancien Testament à la Haute école de théologie (HET-Pro) à St-Légier (CH)

  • Antony Perrot comme répondant, professeur d’Ancien Testament à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine

Possibilité d’adresser des questions aux intervenants.

Renseignements et inscriptions (pour recevoir le lien Zoom) jusqu’au 30 janvier 2026 à 20 h ici : https://forms.gle/Be8zkrUrkvCQxd1WA


Commander le dossier

Le dossier est disponible sur le site des Éditions Mennonites, au prix de 11 euros.

 

 




Film : Unexpected Peace - Une paix inattendue

Que peuvent bien avoir en commun les amish, le quartier de Harlem à New York et l’Indonésie ?

Selon le film Unexpected Peace, un trait surprenant : des communautés chrétiennes et musulmanes déterminées à trouver des solutions pacifiques face à la violence et à la tragédie.

 

Trois événements violents servent de toile de fond au film : un massacre dans une école amish, une série d'assassinats de chauffeurs de taxi musulmans mourides (un groupe soufi du Sénégal) à New York et une guerre entre milices musulmanes et chrétiennes à Solo, en Indonésie.

 

Face à ces événements, les amish, les mourides et les Indonésiens présentés dans le film choisissent la voie du pardon, de la réconciliation et de la guérison. Dans un monde où la justice est souvent perçue comme une vengeance, où la sécurité repose sur les armes, leurs réactions sont bouleversantes. Le pardon d'abord, sans conditions préalables : est-ce superficiel ? Hâtif ? Malavisé ?

 

Unexpected Peace n'apporte pas de réponses. Il incite plutôt le spectateur à se poser d'autres questions. Existe-t-il des alternatives à la violence que nous négligeons souvent ?

 

Le film réussit surtout à saisir la dimension humaine des conflits : des familles endeuillées par la perte de leurs enfants ; un chef de milice du Hezbollah responsable de violences contre les chrétiens, s'effondrant en larmes en évoquant la mort de sa mère lorsqu'il était enfant. La quête du film pour une expérience brute et authentique des conflits est si pleinement réussie que le spectateur est absorbé par la question centrale : que nous manque-t-il dans notre réponse aux conflits ?

 

Les conflits et la foi

J'ai eu le privilège d'assister à des projections du film en compagnie du producteur, Jonathan Bornman, dans quatre pays différents, dont des pays africains. L'accueil a toujours été attentif et enthousiaste, mais différent selon les lieux. La question la plus marquante a été posée par un étudiant lors d'une projection dans une université américaine : « Pourquoi, a-t-il demandé, avez-vous mis l'accent sur la théologie dans vos entretiens ? »

 

Bornman, anthropologue social de formation, a donné une réponse surprenante. Dans tous les cas – avec les amish, les musulmans soufis sénégalais, les mennonites indonésiens –, ce sont les personnes interviewées qui ont évoqué leur foi, et non lui en tant que réalisateur. Chose peut-être surprenante pour les Occidentaux, dans une grande partie du monde, les conflits violents et la foi sont indissociables ; ce qui signifie que les solutions de paix ne peuvent être dissociées des convictions religieuses profondes des personnes impliquées.

 

Quel usage du film ?

La meilleure façon de visionner Unexpected Peace est en groupe, suivie d'une discussion. L'animateur de cette discussion n'aura pas à forcer les réactions ; le film aborde nos questions les plus profondes sur la vie en commun, sur le partage de l'espace dans la société, sur ce qu'il faut faire face à la colère, à l'injustice et à la tragédie. Le documentaire Unexpected Peace convient à un usage à la maison, à l’église ou dans une salle de classe.

 

Peter M. Sensenig œuvre depuis 2015 avec Eastern Mennonite Missions et Mennonite Mission Network à la consolidation de la paix interreligieuse au Tchad, en Tanzanie et en France. Il est l’auteur de Good Guestwork: Christians and Muslims as Guests and Hosts (Santos, 2025). Il est marié, et père de trois enfants. Actuellement basé à Montbéliard, il enseignera au Bienenberg les 15-16 janvier 2027 sur « Être en contact avec les musulmans ».

 

Pour voir le film

Il est disponible sur la plateforme Kinema (https://kinema.com/films/unexpected-peace-pmfm?watch), avec des sous-titres en français. Producteurs : Jonathan Bornman, Ehab Assal ; directeur : D. Michael Hostetler, 2024, durée : 95 minutes. Voir aussi https://unexpectedpeace.com

L'Évangile comme récit de paix

Le théologien Neal Blough a publié un nouveau livre dans la collection “Perspectives anabaptistes”, chez Excelsis: “L’Évangile comme récit de paix: l’Église face à la guerre et à la violence”. Cet ouvrage est le fruit d’une cinquantaine d’années d’approfondissement en théologie, mais aussi d’observations concernant le rapport de l’Église à la guerre. Tout au long des années, Neal Blough a publié de nombreux articles et il était temps pour lui de rassembler tout ce travail en un ensemble cohérent. Un livre qui tombe à point nommé dans une Europe de plus en plus armée. Une excellente ressource pour méditer sur la force de l’Évangile dans un monde en crise.

Table des matières

  1. L’Évangile comme récit de paix

  2. La guerre de l’agneau: l’Apocalypse, la violence de Dieu et la violence humaine

  3. La “violence de Dieu” vue à travers les siècles de l’histoire chrétienne

  4. Quelle Église, quelle éthique pour rendre visible le récit de paix et de réconciliation?

  5. L’Église dans le monde: quelle place? quel témoignage? quelle mission?

  6. Violence, réalisme politique et mal

  7. Faire face à la violence autrement

  8. Faire face au découragement et aux échecs

Commander le livre aux éditions Excelsis

Avis

Comment comprendre la prégnance de la violence dans l’Écriture, y compris pour parler de Dieu ? Comment recevoir l’Évangile de la paix pour aujourd’hui ? Quel témoignage, quelle fidélité au Christ et quels engagements pour l’Église face à la guerre ? Telles sont quelques-unes des questions brûlantes que Neal Blough prend à bras-le-corps. Et ce sont les fruits d’un demi-siècle de réflexions et de recherches qu’il nous offre dans ce livre. En croisant les regards disciplinaires de l’exégèse, de l’histoire de l’Église, de la dogmatique, de l’ecclésiologie et de la théologie pratique, il trace un clair chemin éthique et politique pour les chrétiens soucieux de présence au monde.

À l’heure où l’avenir s’assombrit dans de nombreuses régions de la planète, où l’Europe elle-même résonne à nouveau de bruits de bottes, Neal Blough nous livre une grille de lecture et des outils de compréhension et d’action dont la pertinence et l’urgence ne sont plus à démontrer. Il s’agit de délégitimer radicalement la guerre, de substituer définitivement à la notion de «guerre juste » celle de « paix juste », et d’inclure les pratiques concrètes de l’action non-violente dans la vie de l’Église, ainsi que dans les modalités de sa présence dans le monde.

Frédéric Rognon


Un Webinaire avec l’auteur

Le Webinaire est maintenant disponible en replay.


Face aux désastres - Avec Jacques Ellul, penser la crise et choisir l'espérance

On a dit de Jacques Ellul (1912-1994) qu’il était l’homme qui avait presque tout prévu… Pandémies, OGM, crise écologique, réchauffement climatique, déchets nucléaires, transhumanisme…, il avait vu venir ces phénomènes des décennies avant, à partir de sa thèse selon laquelle la technique mène le monde – plutôt que l’économie et la politique.

Ce livre collectif rassemble les contributions apportées lors de la Journée Jacques Ellul qui a eu lieu à la Haute école de théologie à Saint-Légier (CH) en 2024, à l’occasion des 30 ans de son décès.

On y trouve une présentation de la pensée de Jacques Ellul, des applications actuelles, par exemple à propos de l’intelligence artificielle, des mini-témoignages, les résultats de réflexions en ateliers, des prières…

Cette lecture aidera à comprendre le monde actuel, à penser nos sociétés techniciennes, à prendre conscience d’évolutions mortifères, mais aussi à faire le choix délibéré de l’espérance malgré tout. Car Jacques Ellul était profondément croyant, protestant, « espérant »… À certains égards, il était porteur d’une parole prophétique qui interpelle et qui demeure.

Un livre pour faire bouger les cœurs, les chrétiens, les communautés, le corps social…

Publics

  • Les personnes qui veulent découvrir la pensée de Jacques Ellul

  • Les personnes intéressées par sa critique de la technique

  • Les personnes menacées de désespoir

  • Les responsables d’Église et les pasteurs

AUTEURS

Daniel Alexander, David Bouillon, Paul H. Dembinski, Michaël Gonin, Thomas Gyger, Shafique Keshavjee, Jean-David Knüsel, Jacob Marques-Rollison, Jean-Jacques Meylan, Samuel Ninck-Lehmann, Frédéric Rognon, Fernand Salzmann

PARTENAIRES

ChristNet, A Rocha Suisse, GBEU, A Rocha France, HET-PRO, Bienenberg, Stop Pauvreté, Plateforme Dignité et Développement

Commander le livre sur le site des Editions mennonites.


Vendredi 3 octobre 2025 à 20h15, à l’occasion de la parution du livre collectif Face aux désastres – Avec Jacques Ellul, penser la crise et choisir l’espérance, publié par les Éditions Mennonites.

Le webinaire donnera la parole à :

  • Frédéric Rognon, pasteur, professeur de philosophie à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, spécialiste de Jacques Ellul

  • Samuel Ninck-Lehmann (ChristNet) et Jean-David Knüsel (A Rocha Suisse), organisateurs de la journée Jacques Ellul en novembre 2024

  • Lucile Anger, coordinatrice de la publication du livre Face aux désastres…

  • Frédéric de Coninck, sociologue, qui apportera un regard critique sur la pensée de Jacques Ellul

Possibilité d’adresser des questions aux intervenants.

Renseignements et inscriptions (pour recevoir le lien Zoom) jusqu’au 3 octobre à 18h ici :

https://forms.gle/PJQaBEU3zuKVsgGC6

 

Découvrir FBSE en vidéo !

Pour se faire une idée en images de la Formation Biblique pour le Service dans l’Eglise (FBSE), pour découvrir le Bienenberg comme lieu, pour écouter les avis de trois étudiant-e-s, voici une vidéo de présentation de FBSE !

A partager largement autour de vous, à visionner lors d’un culte dans vos Eglises !

Pour se faire une idée de FBSE, voici le programme 2025-2026 et toutes les infos.

Et pour se faire une idée vraiment en vrai, il y a le week-portes ouvertes les 17-18 octobre 2025 avec au programme : Poser les fondements : Le Saint-Esprit, les dons spirituels et les ministères, avec Alexandre Nussbaumer et Robin Reeve.

C’est l’occasion d’expérimenter un WE FBSE, et de décider ensuite de s’inscrire à l’année, ou pas !

Et pour s’inscrire, c’est par ici !

Découvrir l'anabaptisme, interview de Stuart Murray

Quelles sont les caractéristiques principales de l’anabaptisme ? Dans son livre « Radicalement chrétien : éléments essentiels de la démarche anabaptiste », Stuart Murray propose une présentation de l’anabaptisme en 7 convictions fondamentales. Au fil du temps, le livre a donné naissance à un cours en ligne. Il sera proposé pour la première fois en français cet automne et animé par l’équipe d’enseignants du Centre de formation du Bienenberg.

Le livre « Radicalement chrétien »

Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire Radicalement chrétien, à l’origine ?

Alors qu’un nombre croissant de personnes découvraient l'anabaptisme en Grande-Bretagne, nous avons décidé d'écrire une introduction accessible. Nous avons exploré les débuts du mouvement anabaptiste et les convictions que nous avons tirées de cette tradition. Nous avons aussi présenté certaines des personnes impliquées dans le réseau anabaptiste. J’ai écrit le livre, mais il est le fruit de conversations de groupe.

 

Ton livre s’appelle « The Naked Anabaptist » en anglais (littéralement : l’anabaptiste nu). Que penses-tu du titre de ton livre en français ?

Le livre a été traduit en huit langues, je crois. Certaines traductions ont conservé le mot « nu », mais d'autres ont choisi de ne pas le faire. Je trouve que le titre français est intéressant, mais il ne fait pas ressortir la manière dont le livre fait écho à l’image de la nudité.

Peux-tu résumer les convictions fondamentales décrites dans ton livre ? Quels sont les éléments clés ?

Il est difficile de choisir quelles convictions sont les plus essentielles. Nous avons constaté que différentes personnes adhèrent fortement à différentes convictions. Je pense qu'il est fondamental d'identifier notre contexte, celui de  la post-chrétienté. Aussi, notre conviction que Jésus est au centre de l'herméneutique et de la vie de disciple. L'engagement en faveur de la paix est également très important, puisque la tradition anabaptiste a fortement contribué à ce domaine de l'éthique.

 

Le livre a paru il y a 12 ans. Si tu pouvais le faire, y a-t-il une conviction que tu enlèverais ? Ou que tu rajouterais à la liste ?

Je ne pense pas qu’une conviction doive être supprimée. Ces convictions ont résisté à l'épreuve du temps et personne ne les a considérées comme inappropriées. Une critique justifiée à l'égard du livre est qu'il ne traite pas suffisamment de la spiritualité, cela pourrait donc être un élément à ajouter. Dans une suite à ce livre, « The New Anabaptists : Practices for Emerging Communities[1] » (littéralement : Les nouveaux anabaptistes : pratiques pour les communautés émergentes), j'ai essayé d'intégrer davantage d'éléments sur la spiritualité anabaptiste.

 

Quelle a été la réaction des lectrices et des lecteurs tout au long des années ?

À notre grande surprise, le livre a connu un grand succès auprès des mennonites et d'autres communautés en Amérique du Nord. Il n'était pas destiné à ces lecteurs, mais j'ai reçu de nombreux courriels me remerciant pour ce livre, en particulier de la part de personnes qui avaient été élevées dans la foi mennonite, mais qui s'en étaient éloignées en raison d’éléments culturels de leur éducation. Le livre les a aidées à retrouver leur foi anabaptiste et chrétienne. Je pense que certains chercheurs se sont demandé si ces convictions contemporaines représentaient pleinement la tradition anabaptiste historique, et certains ont insisté (comme le fait le livre lui-même !) sur le fait qu'il n'existe pas d'anabaptisme « pur[2] ». En Grande-Bretagne, le livre s'est bien vendu et les réactions ont été encourageantes.

 

Le cours « Découvrir l’anabaptisme »

Comment est née l’idée de transformer ton livre en un parcours structuré d’enseignement et de découverte ?

Nous savons que certains ne lisent pas les livres, alors nous voulions proposer une autre façon d'en apprendre davantage sur l'anabaptisme. « Découvrir l’anabaptisme » est un cours en ligne qui se déroule en quatre sessions, à raison de deux heures par session. Nous l'avons déjà organisé trois fois et le proposerons à nouveau en novembre. Nous proposons un exemplaire du livre[3] aux participants, mais sa lecture n'est pas obligatoire.

 

À qui s’adresse principalement ce cours : aux membres d’Églises anabaptistes, aux personnes extérieures curieuses, ou à un public académique plus large ?

Le cours s'adresse principalement à ceux qui découvrent l'anabaptisme. Il est ouvert à tous et certains participants ont fréquenté des églises qui s'inspirent de la tradition anabaptiste, notamment des membres des églises « Brethren in Christ » (Frères en Christ) de Grande-Bretagne, majoritairement zimbabwéennes. Le cours ne s'adresse pas aux universitaires. Le « Centre for Anabaptist Studies » (Centre d'études anabaptistes) du Bristol Baptist College est plus adapté pour eux.

 

Que représente pour toi le fait que le cours soit repris et proposé pour la première fois en français ?

Je suis ravi de l'apprendre et j'espère que ce projet sera bien accueilli et utile. J'espère également qu'il sera judicieusement adapté au contexte français.

 

Quel serait ton souhait ou ta prière pour les personnes qui suivront ce cours en ligne ?

Que ce cours informe, inspire et encourage les participants, en particulier ceux qui se sentent isolés des autres personnes partageant leur intérêt pour l'anabaptisme. J'espère également qu'il incitera certains participants à approfondir leurs études.

S’inscrire au parcours

Découvre le parcours et inscris-toi ! Démarrage le 30 octobre.


[1] Stuart Murray, The New Anabaptists : Practices for Emerging Communities, Harrisonburg, Herald Press, 2024. Ce livre n’a pas encore été traduit en français.

[2] L’auteur reprend ici le terme « naked » (nu) qui a été traduit par « radical » dans le titre de l’ouvrage en français.

[3] Stuart Murray, Radicalement chrétien ! Éléments essentiels de la démarche anabaptiste, coll. Perspectives anabaptistes, Charols ; Les Ponts-de-Martel, Excelsis ; la Talwogne, 2013.

Un nouvel enseignant pour 2026

Après des mois de recherche et de discernement, nous sommes ravis d’accueillir Clément Blanc dans l’équipe du Centre de formation du Bienenberg. Il prendra ses fonctions en été 2026, et succèdera ainsi à Michel Sommer, qui partira à la retraite après de nombreuses années de service. Avec l’arrivée d’Alexandre Nussbaumer en septembre 2024 et celle de Clément Blanc en 2026, l’équipe du département francophone se trouve à une étape clé de son renouvellement. Ensemble, nous continuerons d’assurer les missions confiées au Bienenberg. Le nouvel enseignant du Bienenberg se présente ici en quelques lignes.

Clément, comment aimes-tu te présenter ?

Je suis le mari de Barbara, et le père de Louise (3 ans) et Madeleine (4 mois). Et encore pour un an, je suis le pasteur de l’Église Évangélique du Plateau de Saclay, en région parisienne.

Peux-tu nous dire quels ont été ton parcours et ta formation ?

J’ai grandi en région parisienne dans une famille chrétienne. Dès mon adolescence, j’ai commencé à servir dans la louange dans les Églises des Assemblées de Dieu. Après le bac, j’ai fait une école d’ingénieur en Picardie. Mon diplôme en poche, j’ai travaillé courtement (un an) comme acousticien dans un bureau d’étude. Pendant cette année, j’ai discerné un appel de Dieu à quitter mon travail pour me former en théologie. J’ai ainsi suivi une formation théologique à la Faculté Libre de Théologie Évangélique à Vaux-sur-Seine (où j’ai rencontré mon épouse Barbara), jusqu’à l’obtention d’un Master de recherche en 2021.

               Dans le cadre de ma formation pastorale, j’ai servi dans trois Églises en région parisienne (les Églises ADD de Voisins-le-Bretonneux et Versailles, et l’Église baptiste du Tabernacle à Paris), avant que nous implantions l’Église du Plateau de Saclay en 2019.

Qu’est-ce qui t’intéresse particulièrement en théologie ?

En parallèle du rythme pastoral où l’on est rapidement absorbé par le quotidien, la théologie est pour moi l’opportunité de prendre du recul et gagner en perspective en prenant le temps de creuser l’enseignement biblique plus en profondeur, et de nourrir cette étude au moyen des différents outils de la théologie (histoire, éthique, dogmatique, etc.).

               C’est un privilège de pouvoir transmettre des enseignements qui tirent leur profondeur du temps plus long de la théologie, en complément de la nourriture régulière de l’étude personnelle et de l’enseignement en Église.

As-tu d’autres centres d’intérêt ?

J’aime la musique, autant en tant qu’auditeur qu’en tant que musicien. Pendant un certain nombre d’années, c’est d’abord par mon instrument (principalement la guitare basse), que j’ai pu servir en Église. Malgré ma pratique très irrégulière, le VTT et l’escalade sont pour moi des activités ressourçantes.

Y a-t-il un moment particulièrement significatif dans ton expérience en lien avec l’enseignement de la théologie que tu aimerais partager ?

Il y a quelques années, un pasteur m’a invité à assurer une semaine d’enseignement dans son Église (quatre rencontres d’une heure et demie), me laissant libre de choisir le thème abordé. À chaque fois, cela a été l’occasion de me plonger dans des sujets très différents. Au-delà des temps d’enseignement eux-mêmes, ce qui m’interpelle, c’est la manière dont cet investissement initial (et la confiance de ce pasteur) porte encore aujourd’hui du fruit dans ce que j’enseigne dans mon Église et celles qui m’invitent ponctuellement.

Quels sont les aspects de la théologie anabaptiste qui te tiennent particulièrement à cœur ?

En contraste avec une présentation de la foi souvent centrée sur l’individu et sur des réalités strictement intérieures, deux choses sont centrales dans ma compréhension de l’anabaptisme : 1) la suivance de Christ, comprise comme une transformation en profondeur de tous les aspects concrets de la vie et 2) le rôle de la communauté comme contexte indispensable dans lequel cette transformation doit être vécue. Au-delà de la paix et la joie intérieure que je veux trouver dans ma réconciliation avec Dieu, je me découvre membre d’un peuple, solidaire les uns des autres pour avancer ensemble dans la direction commune donnée par notre Bon Berger.

               Les autres marqueurs de la théologie anabaptiste parmi lesquels on peut citer l’engagement pour la paix, la solidarité, la simplicité, le service ou la justice sont pour moi des conséquences qui perdraient de leur sens si l’on cherchait à les vivre en dehors de cette grande aventure communautaire.

Comment envisages-tu ta contribution aux missions du Centre de Formation du Bienenberg ?

Ma priorité est d’abord d’apprendre. Au-delà de tout ce qu’il me reste à découvrir de la théologie anabaptiste, c’est surtout la vie des Églises mennonites que je dois mieux connaître.

               Mon désir est avant tout de servir l’Église en découvrant comment mes compétences et ce que je suis pourront rencontrer les besoins auxquels le Centre de formation du Bienenberg cherche à répondre.


Les prédications de Clément Blanc peuvent être écoutées sur le podcast de l’Église du plateau. Durant l’année scolaire 2025-2026, il enseignera dans le cadre des formations FBSE et Soin de la création.

 

Des prédications pour les 500 ans de l'anabaptisme (1525-2025)

Cette année, nous commémorons les 500 ans de l’anabaptisme (1525-2025). A cette occasion, nous proposons quelques prédications prononcées en rapport avec cet anniversaire par quelques personnes des Eglises mennonites.

Découvrez ci-dessous les prédications de Claude Baecher, Neal Blough, David Eyer, Emilie Eyer-Jovanovic, Bernard Sommer, Michel Sommer, Pierre Wenger, qui ont bien voulu offrir leur contribution.

Ces prédications peuvent servir un double objectif :

  • pour les prédicateurs et prédicatrices, elles peuvent être reprises, adaptées ou servir d’inspiration pour apporter une prédication dans son Eglise locale pendant le reste de cette année 2025

  • pour tous, elles sont l’occasion d’entendre une parole en lien avec l’anabaptisme, aux plans historique, théologique, éthique, spirituel… et en lien aussi avec la Bible.

Vous trouvez le texte de la prédication et un diaporama - presque chaque fois. Vous avez donc le droit de lire, de télécharger, de reprendre, d’adapter… Pourvu que cela serve à édifier l’Eglise !

Car ces prédications sont l’occasion de se mettre à l’écoute de ce que l’Esprit dit aux Eglises en 2025… !

Anabaptisme 500 ans (1525-2025) : prédications

De manière plus permanente, ces prédication sont à retrouver aussi sur cette page de notre site.

Devenir des chrétiens de caractère !

Prêtez attention. Ce mot, caractère, on l’entend souvent, non !? Mais sans jamais vraiment le définir, comme si l’on devinait son sens tout seul. Rien d’évident pourtant. … cette semaine encore, en visitant une entreprise, une pièce mécanique qui assurait le mélange de différents produits de lavage portait l’étiquette : mélangeur de caractère ! J’ai compris que cela avait quelque chose à voir avec une pièce de qualité, qui fait entièrement le job attendu. Et là, un footballeur qui dit avec satisfaction au journaliste en fin de match : « Oui, notre équipe a montré du caractère. » Je comprends que cela a quelque chose à voir avec du panache, de la force collective, de la persévérance dans l’adversité ! Et là, un ami qui me met en garde : fais attention, Untel a un sacré caractère ! Je comprends qu’il est comme le lait sur le feu : explosif , excessif, mieux vaut éviter de le chauffer !

Le caractère

Le caractère, c’est tout cela et bien plus encore. Le « caractère » prend des sens différents selon les contextes. Le caractère est salué lorsqu’il indique panache, ténacité, entièreté ou craint lorsqu’il indique explosivité ou au contraire, mollesse, ou encore pénibilité dans la relation.

Le caractère, comme le dit le philosophe Paul Ricœur, « c’est toujours ma manière propre de penser, non ce que je pense. […] pouvoirs, motifs, vouloir, tout en moi porte la marque d’un caractère[1]. » Voilà une belle définition, le caractère, c’est donc ma manière d’être dans ce monde, ma manière d’utiliser toutes les capacités et habiletés que j’ai développées. Elle m’est propre et unique, parce qu’informée et formée par toute ma vie. Si proche de moi-même, que, pour reprendre une belle formule du théologien anglican N.T. Wright, le caractère est simplement une « seconde nature[2] ».

Le caractère, inné ou acquis ?

Il y a des tendances données au départ, qu’on peut appeler des traits de caractère ou encore un tempérament. Celui-ci est plus appliqué qu’un autre. Cela se voit dès les premières années de vie, lorsqu’il dessine avec soin ou remplit des pages calligraphiées de belles lettres. Mais une manière d’être, ça se travaille aussi tout au long de la vie. Si celui qui est appliqué au départ est encouragé à l’être encore davantage, il deviendra probablement pointilleux dans tous les domaines de sa vie. Il aura  alors développé un véritable caractère perfectionniste, mélange de dispositions innées et acquises au fil du temps. Mais s’il est encouragé à faire parfois autrement, parfois plus rapidement, parfois moins qualitativement alors il développera un caractère davantage polyvalent. Appliqué, il pourra toujours l’être, rapide, cela ne lui était pas donné naturellement, mais il l’aura appris au fil des années. Ainsi, notre caractère est bien fait de validations ou d’adaptations de traits naturels. Il comprend ce que nous faisons de ce qui nous a été donné au départ. Il n’y a donc aucune fatalité, mais plutôt un dynamisme et une invitation à enrichir nos manières d’être au fil du temps.

Le caractère dans la Bible

Et la Bible, que dit-elle du caractère ?

·       Presque rien si l’on s’en tient au vocabulaire. Le mot caractère ne s’y trouve pas, ou peu. Cela dépend de notre manière de traduire certains mots.  Par exemple la Nouvelle Français Courant (NFC) rend ainsi Romains 5.3-4 :

« Bien plus, nous mettons notre fierté même dans nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, que la persévérance produit le courage dans l'épreuve et que le courage produit l'espérance. »

« courage dans l’épreuve » traduit le grec « Dokime ». l’English Standard Version, une version biblique anglaise assez littérale, rend « Dokime » par « character ». En français, cela donnerait : la détresse produit la persévérance qui produit… le caractère … qui produit l’espérance. Le caractère devient alors le trait d’union qui permet de relier épreuve et espérance. Autrement dit, au contact des épreuves se forge le caractère qui agit comme un rempart contre le flot des épreuves et nous aide à tendre vers l’espérance.

·     Alors on peut aussi dire que la Bible parle presque en son tout d’un caractère chrétien si l’on comprend que cela désigne des manières d’êtres face aux épreuves, teintées de foi et d’espérance en un Dieu agissant, en un Dieu lui-même de caractère[3] ! Un grand théologien du caractère, Stanley Hauerwas, propose cette définition de l’Église et de la vie chrétienne : « L'Église, dans son expression la plus profonde, est le rassemblement de personnes capables de se soutenir mutuellement à travers les tragédies inévitables de nos vies. Elles sont capables de le faire parce qu'elles ont été formées par un récit, constamment rejoué à travers le partage d'un repas, qui n'affirme rien de moins que ceci : Dieu a pris le caractère tragique de notre existence dans sa propre vie[4]. » Des personnes de caractère, impliquées dans une grande Histoire qui a du caractère, formées en un peuple de caractère, soutenues et conduites par un Dieu de caractère.

La grâce qui va jusqu’à la formation de notre caractère

Une manière d’être, ça se travaille, et ça coûte quelque chose, dans tous les sens du terme ! le théologien Dietrich Bonhoeffer dénonçait la propension des chrétiens à se cantonner dans une certaine facilité de la vie chrétienne, à désirer et vivre une grâce « à bon marché » :

La grâce à bon marché, c’est la prédication du pardon sans repentance, c’est le baptême sans discipline ecclésiastique, c’est la cène sans confession des péchés, c’est l’absolution sans confession personnelle. La grâce à bon marché, c’est la grâce sans la marche à la suite de Jésus, la grâce sans la croix, la grâce abstraction faite de Jésus Christ vivant et incarné[5].

La grâce à bon marché que décrit si bien Bonhoeffer, c’est la grâce sans caractère, la grâce dépouillée de toute la dimension transformatrice de nos manières d’être. A cette grâce « à bon marché », Bonhoeffer oppose une « grâce qui coûte », une grâce incarnée en Jésus-Christ qui va jusqu’au martyre. Une grâce qui nous dit que nous n’avons pas seulement à recevoir le salut comme une déclaration, mais à vivre le salut comme le changement de notre vaine manière de vivre pour une manière d’être à la suite de Jésus-Christ. Une grâce qui nous dit que le salut chrétien, c’est la longue et difficile incorporation de la repentance, du pardon, de l’amour de l’ennemi, du fruit de l’Esprit.

Invitation à la formation « chrétiens de caractère » à Pfastatt, année scolaire 2025-2026.

Ces dernières années, l’éthique chrétienne redécouvre la centralité du caractère et des vertus pour décrire la profondeur de la vie chrétienne, interpeller et amener à une plus grande conformation de nos vies à celle de Jésus-Christ. Ce courant est ancien, mais il connaît un regain d’intérêt ces dernières années. Le monde séculier s’en est emparé dans une version sécularisée sans Dieu, en témoigne les rayons de libraires remplis d’ouvrages de développement personnel.

La formation « chrétiens de caractère » proposée par le Bienenberg cet automne à Pfastatt, ne vise pas le développement personnel, mais plutôt le développement chrétien. Le développement des attitudes, habitudes, habiletés de la vie chrétienne puisées au fil du récit biblique, manifestées le plus parfaitement par la vie de Jésus-Christ, et fortifiées en nous par l’Esprit saint.

Cette formation est pour vous :

·       Si vous croyez que Jésus ne veut pas seulement sauver votre âme, mais qu’il veut transformer toute votre manière d’être, à sa ressemblance ! Jésus est notre modèle.

·       Si vous êtes conscients que vous ne pouvez pas changer seul, mais que vous avez besoin d’une communauté pour accompagner votre changement, besoin de chrétiens autour de vous pour mieux être chrétiens en vous-même.  Nous sommes une partie du corps de Jésus.

·       Si vous êtes convaincus qu’aimer Jésus, c’est aussi le suivre sur le chemin du pardon donné et reçu, sur le chemin de l’abandon confiant en Dieu,  sur le chemin de toutes les pratiques spirituelles. Jésus est notre chemin.

·       Si vous voulez fouiller dans le texte biblique pour y découvrir ces processus longs, difficiles et coûteux de transformation sur la durée de toute une vie. Jésus est la vérité.

·       Si vous êtes prêts à faire confiance aux surprises de la vie, à accueillir les épreuves et les temps calmes comme des dons de Dieu. Jésus est la vie et L’Esprit saint est l’agent du changement de la vie chrétienne.

Cette formation se déroulera en un parcours sur six samedis, d’octobre 2025 à avril 2026. Nous vous fournirons également des éléments bibliographiques, pour nourrir votre connaissance, et des exercices pratiques à réaliser d’un mois à l’autre. Ce sera le quatrième lieu ou ce parcours est proposé depuis 2022. Les bilans faits chaque année sont très positifs, les participants nous disent qu’ils marchent sur un chemin de transformation. Alors, prêts à goûter à une formation de caractère ?

Informations détaillées sur la formation 2025-2026 à Pfastatt

Inscription avant le 30 septembre 2025

Une représentation des composantes du caractère sur lesquelles nous travaillerons cette année

A bientôt,

 

Alexandre








[1] Paul Ricœur, Philosophie de la volonté 1. Le volontaire et l’involontaire, Paris, Aubier, 1949, p. 347.

[2] N. T. Wright, After you believe: why Christian character matters, 1st HarperCollins pbk. ed, New York, HarperCollins, 2012, p. 41.

[3] L’English Standard Version fait le choix de parler de l’immutabilité de Dieu (le fait que Dieu est constant et ne change pas) dans l’épître aux Hébreux en utilisant le mot “character” : “So when God desired to show […] the unchangeable character of his purpose… “. La ferme résolution, l’impossibilité pour Dieu de mentir ou de se corrompre sont incluses lorsque l’on dit que Dieu a un caractère constant !

[4] Stanley Hauerwas, A Community of Character: Toward a Constructive Christian Social Ethic, Notre Dame, University of Notre Dame Press, 1981, p. 108.

[5] Dietrich Bonhoeffer, (Nouvelle édition traduite par Bernard Lauret), Vivre en disciple: le prix de la grâce, coll. Œuvres de Dietrich Bonhoeffer vol. 4, Genève, Labor et fides, 2009, p. 24.

Devenir parent, un art qui s'apprend. A découvrir aux Éditions Mennonites


Devenir parent

 

« L’art du parent n’est-il pas d’être celui qui cherche et s’interroge sur ce qu’il fait ou ne fait pas ? »
Edith Tartar Godet nous guide dans l’aventure de la parentalité. Mieux qu’un état, cette parentalité est un curieux « bricolage », assemblé au fil de l’expérience. L’artisan parent construit, avec son enfant et ceux qui l’entourent, un lien de confiance. Suffisamment ferme pour sécuriser l’enfant, suffisamment ample pour l’aider à construire son propre désir : « Être à côté de ses enfants dans les moments difficiles est incontournable et plus coûteux sur le plan psychique que de faire preuve d’autoritarisme ou de « laisser-aller » à leur égard ».

 

Dans cet ouvrage, l’artisan parent est invité à faire bonne place à la parole :

-            La parole qui circule en famille lors des « cercles de famille », rencontres régulières où l’on fait le point ensemble sur notre vie de famille, les règles et objectifs qui la structurent. La Parole de Dieu, dans les récits bibliques et dans la personne de Jésus donnera du crédit à l’expression d’une parole vraie, soutenante, guidante.

-            La parole qui naîtra des « ateliers de parole », lorsque quelques parents choisiront de se retrouver pour partager autour de leurs manières d’être parents, autour des défis de la société qui les entoure, autour des repères qu’ils identifient.

 

Pratique, explorant quelques scènes types de la vie parentale, cet ouvrage est une invitation à habiter ensemble la parentalité, dans ce qu’elle a de beau sans nier ce qu’elle a de difficile. Et pourquoi ne pas l’utiliser pour démarrer un groupe de parole avec quelques parents dont je me sens proche ?

 

Publics :

  • Parents et grands-parents

  • Responsables d’Églises, éducateurs, accompagnants de parents

  • Tout adulte ou groupe de parole intéressé par les enjeux de parentalité

 

L’auteure :

Édith Tartar Goddet, psychologue clinicienne et psychosociologue. Accompagne personnes et groupes sur des problématiques relationnelles, éducatives et sociétales. Anime des formations, des groupes d’analyse des pratiques et des ateliers de parole. A participé aux Réseaux dʼÉcoute, dʼAppui et dʼAccompagnement de Parents. Membre de l’Église Protestante Unie de France. Auteure d’ouvrages parus aux Éditions Retz et Olivétan.

 

Une présentation du livre en vidéo

A découvrir, cliquez ici.

 

Un webinaire

Un webinaire aura lieu jeudi 23 janvier 2025 à 20 h 15. Il donnera la parole à Édith Tartar Godet et à Gérard Hoareau, comme répondant. Il sera possible d’adresser des questions aux intervenants.

Renseignements et inscriptions : cliquez ici.

 

Pour se procurer le livre

Pour se procurer le dossier, c’est ici, sur le site des éditions mennonites.

Mobilisation d'une Église pour FBSE

Un article de Lucile Anger, ancien de l’Église mennonite de Colmar-Ingersheim en concertation avec le collège d’ancien.

Au cours des 12 dernières années, 19 membres de l’Église de Colmar-Ingersheim ont suivi la Formation Biblique pour le Service dans l’Église (FBSE) du Bienenberg. D’autres les avaient précédés plus loin dans le temps. Comment expliquer un tel engouement ?

Donner envie

Les raisons sont diverses et s’entremêlent. Il est difficile de définir le point de départ, un peu comme répondre à la question de savoir qui de l’œuf ou la poule est premier ! Il est certain que la formation au Bienenberg est encouragée par les responsables d’Église, qui l’ont eux-mêmes suivie, afin d’être mieux équipés pour le service.

Cela dit, le fait de côtoyer dans l’Église ceux qui sont à FBSE est la meilleure invitation à s’y engager soi-même. En effet, tous ceux qui en reviennent sont enchantés, boostés. Du coup, certains s’inscrivent sans y avoir été spécialement invités, parce qu’ils y voient un moyen d’approfondir leur foi, ou parce qu’ils ressentent le besoin d’être nourris dans leur(s) engagement(s). Mais surtout, les personnes qui ont bénéficié de FBSE désirent que d’autres puissent en bénéficier à leur tour. Certains ont plus particulièrement à cœur de discerner ceux qui pourraient suivre cette formation, d’aller les voir pour leur en parler et les y inviter personnellement, ce qui a plus d’impact qu’une information à tous.

Atouts de la formule

Dans cet effet d’entraînement, d’autres éléments entrent en jeu, notamment lorsque plusieurs personnes de la communauté y vont en même temps : le fait de covoiturer pour s’y rendre — ce qui offre du temps d’échange —, de pouvoir vivre ensemble sur place, lors des repas, en partageant la même chambre, les mêmes enseignements, renforce les liens. C’est l’occasion de rencontrer des chrétiens d’autres Églises (pas seulement mennonites), de s’écouter et d’échanger. C’est aussi un moment, hors du cadre habituel (famille, travail, Église), propice au recul et au ressourcement. La formule du vendredi soir au samedi après-midi est bien adaptée à la plupart des situations. Et la variété des enseignements comme des intervenant(e)s, leur ouverture, sont enrichissants et permettent à chacun de trouver ce qui lui correspond.

Implication concrète de l’Église locale

L’Église de Colmar-Ingersheim, parce qu’elle estime que la formation est importante, prend en charge une partie des frais, de même que ceux d’EFraTA, des formations décentralisées pour responsables d’Église, de la formation au BAFA[1]… De plus, pour permettre aux couples ayant de jeunes enfants de se libérer pour se former, les autres parents s’organisent pour prendre en charge les enfants. Par ailleurs, les week-ends de formation, avec les sujets traités, sont évoqués lors des annonces, le dimanche qui précède ; les personnes qui y participent sont nommées, et sont à nouveau citées lorsqu’elles ont validé leur formation. Cela rend FBSE familier et associe la communauté à ce que certains de ses membres entreprennent.

Impact dans l’Église

L’Église est encouragée dans sa « politique » de formation, car elle en constate les bénéfices, tant au niveau individuel que communautaire : les apports bibliques et théologiques, ainsi que leur implication éthique, nourrissent les enseignements (prédications, études bibliques, catéchisme…), plus riches et fondés. Les spécificités et valeurs anabaptistes sont davantage mises en avant, ce qui crée un rééquilibrage par rapport à certains courants évangéliques, au niveau du contenu des enseignements, mais aussi de la vie de l’Église (sens de la cène, du baptême, du salut, de la communauté, vie de disciple, etc.). Même si différentes tendances théologiques et spirituelles coexistent, il y a une impulsion. La formation consolide les engagements, voire l’aide à prendre son envol. Il se trouve que tous ceux qui sont depuis un certain temps au conseil d’Église (sauf un qui a suivi une autre formation par le passé), ainsi que les anciens, ont suivi la formation FBSE (et certains d’entre eux également EFraTA). Cela contribue à la cohésion des équipes, aide à parler d’une seule voix, ce qui transparaît dans la vie de l’Église, et souligne le lien fort entre formation et service.

[1] Formation au BAFA en lien avec le grand nombre d’enfants de tous âges dans l’Église d’Ingersheim.

En savoir plus sur la formation FBSE

Grandir en caractère

Une interview d’Alexandre Nussbaumer qui permet de mieux comprendre ce qu’est-le caractère en spiritualité chrétienne.

Alexandre Nussbaumer, es-tu un homme de caractère ?

Je l’espère ! Mais à une telle question, ce sont mes proches qui devraient répondre.
Jésus a demandé à ses disciples : « Et pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16.15). C’est Pierre qui va affirmer « Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16.16). Ainsi, « qui suis-je ? » est directement en lien avec l’empreinte que je laisse sur la vie des autres et qu’ils sont mieux à même d’exprimer.

Comment définir la notion de « caractère » en théologie ?

Partons d’une définition simple du caractère comme « manières habituelles de se comporter, de réagir[1]. » Le niveau des comportements représente la partie émergée, visible, de l’iceberg caractère. Descendons un peu plus profondément, avec la définition qu’en propose le philosophe Paul Ricœur : « le caractère c’est toujours ma manière propre de penser, non ce que je pense. […] pouvoirs, motifs, vouloir, tout en moi porte la marque d’un caractère[2]. » Ainsi, le caractère s’exprime dans ma manière d’être présent au monde, à moi-même, à Dieu. La théologie va s’intéresser à l’action de Dieu au sein de cette structure plutôt stable. Comment la vie de Jésus peut-elle amener quelqu’un à une nouvelle manière de vivre ? Comment Paul peut-il écrire aux Galates : « … ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi. Car ma vie humaine, actuelle, je la vis dans la foi du Fils de Dieu… » (Ga 2.20) ?

À quoi ressemble une personne de caractère ?

Le caractère a quelque chose à voir avec les notions d’intégrité et de constance. Une personne de caractère montre le même visage dans toutes les situations.

L’éthique chrétienne n’est-elle pas là pour nous aider à différencier entre ce que les chrétiens doivent faire et ce qu’ils ne doivent pas faire pour respecter la volonté de Dieu ?

Faire/ne pas faire est l’approche privilégiée d’une focale ciblée. L’éthique du caractère propose une focale large, elle s’intéresse davantage au registre être/ne pas être. Plutôt que de demander : « ai-je droit de faire telle chose ? », elle demandera : « quel genre de personne vais-je devenir si je fais telle chose ? » Lorsque Paul écrit aux Corinthiens « Tout est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’est pas constructif » (1 Co 10.23), il inscrit « permis/pas permis » dans une perspective plus large : qu’est-ce que je construis au juste ? On a parfois besoin d’une focale courte, parfois d’une focale plus large.

Quelle est la place de la Bible et de la prière pour construire le caractère chrétien ?

Elles en sont des piliers essentiels. Un caractère s’appuie sur plusieurs piliers. Notamment un récit/histoire qui permet d’incorporer le temps. Par exemple, Abraham, Moïse, Daniel, Jésus, Paul, Pierre, les martyrs de l’Apocalypse adorent Dieu seul et refusent d’adorer un pouvoir humain. Cette répétition permet au lecteur de comprendre qu’adorer Dieu seul est au cœur du caractère chrétien et que cela peut aller jusqu’à coûter la vie. Un caractère se construit aussi par l’acquisition de compétences qu’on appellera vertus ou encore habitudes opératives. La prière est une vertu essentielle. Agir en chrétien ne peut se faire qu’au travers d’elle.

Quelles sont les conséquences d’un manque de caractère ?

L’hypocrisie (littéralement, se cacher sous un masque), la séduction ou la flatterie, la tromperie, l’opportunisme. Ce sont des manières d’être piloté davantage par le bénéfice escompté d’une situation que par un fond intègre et constant.

Comment grandir en caractère chrétien ?

Suivre la formation « Chrétiens de caractère » proposée prochainement par le Bienenberg à Tavannes est une bonne première proposition ! Pour ceux plus avancés, Dietrich Bonhoeffer recommandait aux étudiants de son séminaire de commencer toutes leurs journées par une heure de prière. Grandir en caractère chrétien, c’est laisser Dieu imprégner toute notre personne et cela passe par une forme d’abandon confiant en Dieu.

Quel lien vois-tu entre l’éthique du caractère et la théologie anabaptiste ?

Dans cette ligne du caractère, Hauerwas énonce que la tâche de l’éthique théologique est « d’énoncer le langage de la foi en termes de la responsabilité chrétienne d’être formé en la ressemblance du Christ[3]. » Une conviction très anabaptiste ! Un abandon confiant en Dieu ? Voilà une bonne définition de la Gelassenheit anabaptiste. L’insistance de l’éthique du caractère sur la vision, sur la communauté, sur le récit, fait écho à des convictions centrales de l’anabaptisme sur l’eschatologie, la discipline d’Église et le sermon sur la montagne. Ainsi l’éthique du caractère peut être utilisée comme une grille de lecture de l’anabaptisme.

Pour aller plus loin

Découvrez la formation « Chrétiens de caractère », démarrage le 5 octobre 2024 à Tavannes, BE (Suisse)

[1] François Lelord, Christophe André, Comment gérer les personnalités difficiles, Paris, O. Jacob, 2010, p. 10.

[2] Paul Ricœur, Philosophie de la volonté 1. Le volontaire et l’involontaire, Paris, Aubier, 1949, p. 344-345.

[3] Stanley Hauerwas, Vision and Virtue. Essays in Christian Ethical Reflection, Notre Dame, Fides Publishers, 1974, p. 29.

Le soin de la création, juste un effet de mode ?

Un article de Clément Blanc, pasteur et ambassadeur A Rocha.

Au regard de l’omniprésence de l’écologie dans le discours public, par les médias, les politiques, ou les publicitaires, on peut se sentir submergé et parfois espérer que le sujet soit mis en sourdine, ne serait-ce que pour un temps. Alors quand c’est l’Église qui met à son agenda le soin de la création, il peut y avoir un sentiment de ras-le-bol en considérant que l’Église ne fait que suivre le sujet « à la mode », en se laissant influencer par la société.

L’Église devrait-elle marquer sa différence en refusant d’aborder le sujet de l’écologie ? Ou devrait-elle au contraire-t-elle être la première à souligner l’importance de prendre soin de la création ?

Un moment dans l’histoire

Dans notre relation avec la société, nous n’avons pas à choisir entre simplement suivre le mouvement, ou nous couper du monde qui nous entoure pour vivre de manière indépendante. Être attentif à nos circonstances est au contraire une source permanente d’opportunités pour redécouvrir la richesse de la Bible et apprendre à mettre en pratique son enseignement fidèlement. Les mêmes vérités immuables que nous trouvons dans la Parole trouvent un écho différent dans un monde en perpétuelle évolution. Si nous voulons mettre en pratique tout ce que Jésus nous a enseigné (Mt 28.19), nous devons bien sûr être attentifs à ce qu’il nous a enseigné. Mais nous devons également être attentifs au monde dans lequel nous devons le mettre en pratique. Il me semble que c’était le sens de l’éditorial de Marie-Noëlle Yoder dans le magazine du Bienenberg, quelques mois après le début de la guerre en Ukraine lorsqu’elle disait :

« Heureux les artisans de paix », disait Jésus (Mt 5.9). Cette expression si souvent entendue et répétée prend un sens nouveau en temps de guerre. Elle paraît soudain plus engageante, plus délicate à mettre en œuvre.[1]

Nous sommes toujours appelés à être des artisans de paix, mais notre identité d’artisans de paix s’exprime différemment suivant les circonstances géopolitiques dans lesquelles nous vivons.

Concernant le soin de la création, c’est justement parce que nous vivons un moment historique que nous devons prendre le temps de redécouvrir la richesse de la Bible sur le sujet et apprendre à suivre fidèlement Jésus dans les circonstances qui sont les nôtres. Depuis le début de la révolution industrielle, la capacité de l’humanité à transformer le monde a progressé comme jamais auparavant. Les progrès techniques et l’abondance d’énergie ont produit des fruits remarquables. Mais comme l’a dit un grand philosophe, « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » et malheureusement, l’humanité utilise aussi ses nouveaux pouvoirs pour détériorer profondément la création. Climat, biodiversité, pollutions, épuisement des ressources, les voyants sont au rouge, et tout indique qu’il faille nous préparer à ce que la situation continue d’empirer. Il est donc temps d’interroger la Bible pour discerner avec l’aide de l’Esprit comment être fidèles au Créateur dans ce temps de crises.

Redécouvrir un patrimoine oublié

Voici quelques exemples d’enseignements bibliques qui apparaissent sous un jour nouveau dans notre contexte de crises écologiques multiples :

  • Dieu a confié à l’humanité la mission de dominer, cultiver et garder sa création en tant que créatures, créées à son image (Gn 1 et 2). Comment être fidèle à ce mandat dans une humanité qui exploite bien plus qu’elle garde la création ?

  • La beauté, l’harmonie, la grandeur et la diversité de la création sont pour Dieu des moyens pour révéler à l’humanité sa gloire (Jb 39-41 ; Ps 104 ; Rm 1.19-20 ; Ac 14.17, 17.24-27 ; Ap 4.11). Prendre soin de la création c’est aussi préserver cette source d’adoration pour les chrétiens et ce témoignage pour les non-chrétiens.

  • Les crises écologiques sont majoritairement causées par les plus riches et les victimes d’un environnement détérioré sont d’abord les plus pauvres. Plus que jamais, il est essentiel de refuser de servir « Mammon » en choisissant la générosité et la solidarité plutôt que l’accumulation des richesses.

  • Derrière les crises se cachent des intérêts économiques et politiques contrôlés par des puissants cherchant toujours à atteindre de nouveaux sommets plutôt qu’à servir l’intérêt commun. Comment l’Église peut-elle marquer sa différence par rapport à ces forces que la Bible décrirait comme « babyloniennes » pour être les témoins du Royaume de Dieu sur terre.

  • Face à des perspectives de plus en plus anxiogènes, l’Église à l’opportunité de réapprendre à trouver la paix dans son espérance de vivre un jour dans un monde entièrement renouvelé où les crises écologiques ne seront plus qu’un lointain souvenir.

Notre patrimoine biblique est vaste et la liste pourrait être prolongée. Voilà pourquoi il est temps de prendre le temps de se plonger dans ce patrimoine pour redécouvrir ensemble, avec l’aide de Dieu, comment prendre soin de la création dans un monde en crise.

Découvrez “Soin de la création”

Une formation en partenariat avec A Rocha France.

En savoir plus


[1] Marie-Noëlle Yoder, Bienenberg Magazine, éditorial, automne 2022, italique ajouté.

Implanter une Église : un nouveau livre publié par les Éditions Mennonites

Ce livre s’interroge : comment se fait-il que les Églises mennonites en France ou en Suisse n’aient que peu créé de nouvelles Églises, alors que le mouvement anabaptiste dont elles sont issues était vigoureusement implanteur ?

L’auteur principal du livre, Stuart Murray, montre cela dit qu’il ne s’agit pas seulement de donner naissance à de nouvelles Eglises, mais qu’il est peut-être plus important de réfléchir à quel type d’Églises implanter : en phase avec la culture ambiante ou contre-culturelle, pyramidale ou communautaire, pour les riches ou pour les pauvres, centrée sur les besoins religieux ou sur une vie de disciples… ?  Il témoigne aussi d’une expérience de plus de 25 ans d’implantation d’Églises en milieu urbain défavorisé.

Des contributeurs français proposent d’une part des principes, des modèles et des stratégies pour l’implantation d’Églises en France ou témoignent d’autre part de leur vécu en tant qu’implanteurs, de manière enthousiaste et réaliste…

Le livre fournit un bon exemple d’interaction utile entre théorie et pratique, expertise et terrain, recul et mains dans le cambouis. Mais un élan s’en dégage, afin que des communautés joyeuses, accueillantes, engagées, naissent et diffusent l’Évangile par leur vie, leur proclamation, leur service, leur témoignage.  

Publics :

-       Membres d’Églises, pasteurs et responsables d’Églises

-       Implanteurs d’Églises

-       Responsables d’unions d’Églises ou d’institutions missionnaires

 

Les auteurs :

  • Stuart Murray, formateur et consultant, co-fondateur du Réseau anabaptiste en Grande-Bretagne, directeur du Centre d’études anabaptistes au Baptist College de Bristol, auteur de Radicalement chrétien – Éléments essentiels de la démarche anabaptiste et de livres sur l’implantation d’Églises.

  • Responsables d’implantation d’Églises ou de mission en France  

Une présentation du livre en vidéo

A découvrir ici.

Un webinaire avec Stuart Murray et d’autres personnes

Jeudi 3 octobre 2024 à 20h15, un webinaire aura lieu avec Stuart Murray (auteur principal), Pascal Keller (contributeur à un chapitre) et Daniel Liechti (répondant et professeur de missiologie et d’implantation d’Églises à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine).

Renseignements et inscriptions (pour recevoir le lien Zoom) jusqu’au jeudi 3 octobre à 12 heures ici : https://forms.gle/LfaeGta64TFyZhHg8

Pour se procurer le livre

C’est par ici.

Journée Jacques Ellul: Face aux crises actuelles, quelle espérance?

23 novembre 2024 : Journée Jacques Ellul

Le samedi 23 novembre 2024 aura lieu la Journée Jacques Ellul sous le thème « Face aux crises actuelles : quelle espérance ? » A l’occasion des 30 ans de décès de Jacques Ellul (1912-1994), A Rocha et ChristNet, avec la Haute école de théologie HET-Pro, ont le plaisir de convier le public à une journée d’étude pour découvrir l’actualité étonnante de la pensée du Bordelais. Le Centre de Formation du Bienenberg est partenaire.

30 ans après son décès, Jacques Ellul continue à nous empêcher de penser en rond. C’est fort de cette conviction que cette journée a été lancée. Face aux nombreuses crises de notre temps – écologiques, géopolitiques, migratoires etc. – les idéologies dominantes – consumérisme, nationalisme, capitalisme, militarisme etc. – sont aussi embrassées par de nombreux-ses chrétien-nes. Pourtant, elles n’apportent pas les solutions espérées.

Huit intervenants de différentes disciplines – théologie, philosophie, sciences sociales, ingénierie, économie… –  présenteront, par le biais d’exposés, de huit ateliers participatifs, d’une table ronde et d’un débat public, différents aspects de la pensée prolifique de l’auteur bordelais.

Notamment, Frédéric Rognon, professeur à l’Université de Strasbourg et grand spécialiste de la pensée ellulienne parlera de la « non-puissance » comme d’une « présence au monde vécue dans l’espérance ». Quant à David Bouillon, professeur à la HET-Pro, il donnera un éclairage biblique sur le catastrophisme avec « Ellul et le prophète Jonas ». Enfin, Jacob Marques Rollison, théologien et worker à L’Abri (Huémoz), évoquera la technique comme « puissance et désespoir de l’être humain ».

Une critique de la technique pour suivre le Christ au-delà des idéologies.

Le sociologue et théologien français Jacques Ellul (1912–1994) a été l’un des penseurs chrétiens les plus visionnaires sur les enjeux qui touchent notre époque. En décrivant, dès le milieu du XXe siècle, l’effet de la technique sur la société, il critiquait la logique du « système technicien » qui détruit l’environnement et l’humain sous prétexte de la recherche d’efficacité, d’innovation et de profit. Il dénonçait le discours dominant qui présente la technique comme la solution à tous les maux.

A cette logique, il opposait une éthique de la liberté à travers une lecture biblique basée sur le renoncement au pouvoir, la « non-puissance », qui, selon lui, est liée à l’espérance, cette soif de Dieu qui donne sa juste place à l’être humain.

Lors de la Journée Jacques Ellul, les participant-es joueront un rôle actif. En effet, les ateliers de l’après-midi seront un moment fort de la journée, d’une durée de plus d’une heure pour permettre la cocréation collective de pistes pertinentes concrètes face au défis abordés dans la journée. Ce qui en ressort sera présenté et discuté en plénière lors de la table ronde. Ainsi, les organisateurs espèrent que cette journée permettra aux personnes présentes de grandir dans un engagement juste au sein de nos sociétés en crises.

Informations pratiques

·       Page web : https://het-pro.ch/ellul/

·       Inscription jusqu’au 10 novembre 2024

·       Date : samedi 23 novembre 2024, de 09h00 à 16h30

·       Lieu : HET-Pro, Route de Fenil 40, 1806 St-Légier

·       Entrée libre, chapeau à la sortie, repas de midi tiré du sac

Programme (aperçu)

Accueil dès 9h00, début à 9h30, fin à 16h30.

·       La technique : puissance et désespoir de l’être humain. Jacob Marques Rollison (théologien, worker à L’Abri, Huémoz)

·       La non-puissance : une présence au monde vécue dans l’espérance. Frédéric Rognon (philosophe et théologien, Université de Strasbourg)

·       Ellul et le prophète Jonas : un éclairage biblique sur le catastrophisme. David Bouillon (théologien, HET-Pro)

Midi : pique-nique tiré du sac

·       8 ateliers à choix, table-ronde avec débat public

Organisations

·       Organisateurs : A Rocha Suisse | ChristNet | HET-Pro

·       Partenaires : Centre de formation Bienenberg | StopPauvreté | Plateforme Dignité et Développement | Groupes bibliques des écoles et universités GBEU

Découvrir le podcast bibletunes

La Bible est indispensable pour nourrir la foi. Seulement, quelle est la place réservée à ce texte s’il n’est ni lu, ni compris ? Un sondage intitulé « Les Français et la Bible » et réalisé par l’IFOP pour l’Alliance biblique française souligne que la lecture de la Bible est nettement en baisse. Le but de bibletunes est de rendre la Bible intelligible pour toutes et tous, et de souligner sa pertinence pour aujourd’hui.

Des méditations suivies sur différents livres de la Bible

Le podcast propose des méditations suivies sur différents livres de la Bible. Les épisodes de 10 minutes sont diffusés 1 fois par semaine, depuis le 14 octobre 2024. Les 22 premiers épisodes seront consacrés à l’épître de Jacques, suivi par le livre d’Esther.

La direction du podcast bibletunes en français a été confiée à Marie-Noëlle Yoder, enseignante en théologie et directrice du Centre de formation du Bienenberg. Passionnée par Dieu et par l’humain, elle utilisera ses compétences pour communiquer le message fondamental de l’Évangile.

Envie d’en savoir plus ?

L’épisode d’intro, ainsi que les premiers épisodes sur l’épître de Jacques peuvent être écoutés !

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